14
déc.

Licencié à cause du handicap de sa fille, la justice lui donne raison


Illustration.jpgLe tribunal du travail de Louvain a condamné ce jeudi l’exploitant d’une salle de fitness qui avait licencié un de ses managers en raison du handicap de son plus jeune enfant. Il s’agit de la première condamnation, en Belgique, de ce qu’on appelle une "discrimination par association".
Le terme "discrimination par association" est utilisé lorsqu’une personne subit une discrimination en raison de ses liens étroits avec une personne porteuse d’un critère protégé par la loi Antidiscrimination.

L’employé avait été engagé en 2003. En 2010, il est promu au poste de responsable de la gestion journalière, ce qui tend à démontrer que son employeur est satisfait de ses prestations. Au cours de cette même année, il devient père d’un 3e enfant. La petite fille est atteinte d’un handicap grave, nécessitant des soins. Lorsqu’elle atteint l’âge de 4 mois, le père informe ses connaissances et son employé de cette situation par e-mail, afin d’éviter de devoir répéter sans cesse ce récit difficile. Le jour suivant, il est licencié. Son employeur estime que le handicap de sa fille risque d’entamer son enthousiasme au travail et d’occasionner des jours d’absence.

Le père contacte alors le Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme. Au vu des faits, ils conviennent de saisir le tribunal du travail et plaident une infraction à la loi Antidiscrimination. Mettre fin à un contrat en raison du handicap d’un enfant constitue en effet une discrimination directe sur base du handicap. Le Centre estime que ce licenciement ne peut être justifié par ce qu’on appelle une "exigence professionnelle essentielle et déterminante", autrement dit que l’employeur ne peut raisonnablement exiger de ses employés de ne pas avoir des enfants nécessitant des soins particuliers.

Ce dossier constitue un cas d’école de discrimination par association. En 2008, la Cour européenne de Justice a rendu un arrêt de principe important à ce sujet: dans l’affaire Coleman, la Cour avait en effet estimé qu’une secrétaire britannique, également licenciée sur base du handicap de son fils, pouvait invoquer la directive européenne d’égalité de traitement en matière d’emploi.

En reconnaissant la discrimination commise par l’exploitant de la salle de fitness, en accordant au plaignant une indemnité équivalente à six mois de salaire et un dédommagement supplémentaire, le tribunal de Louvain ne s’est pas contenté de prendre une décision pionnière en la matière, il a également clairement signalé que les parents d’enfants nécessitant des soins particuliers ne peuvent être discriminés sur base de suppositions et de préjugés.
 

12:43 Écrit par F LEGRAND dans D: LE HANDICAP, Dossier presse | Lien permanent | Commentaires (0)

23
août

La Belgique viole les droits des adultes handicapés


29/07/13: Article de La Libre ( Annick Hovine)

 

La condamnation par le Comité européen des droits sociaux ouvre la voie à des actions individuelles en justice.

Le Comité européen des droits sociaux l’écrit noir sur blanc : la Belgique viole les droits des adultes handicapés de grande dépendance. L’organe quasi-judiciaire du Conseil de l’Europe condamne en effet l’Etat belge pour le manque de places d’hébergement et de solutions d’accueil adaptées pour les personnes handicapées lourdement dépendantes. Cette décision, rendue publique ce lundi, fait suite à la réclamation collective introduite le 13 décembre 2011 par la Fédération internationale des Ligues de droits de l’homme (FIDH) au nom d’une vingtaine d’associations représentatives du secteur du handicap en Belgique.

En désespoir de cause

Depuis de longues années, ces associations qui sont la voix des personnes polyhandicapées, souffrant d’autisme, de lésions cérébrales acquises ou atteintes d’une infirmité cérébrale, et de leurs familles, interpellaient les autorités sur la situation dramatique et inhumaine dans lesquelles elles se trouvaient plongées, faute de solutions d’accueil adaptées. Malgré leurs appels à l’aide, les sit-in devant les cabinets ministériels et autres signaux d’alarme, il manque toujours cruellement de places en institutions, de centres de jour et de lieux de répit pour ces adultes lourdement handicapés.

Elles ont donc emprunté la voie judiciaire en désespoir de cause, indique Véronique van der Plancke, avocate des 20 associations. "Elles avaient épuisé toutes les cartes politiques : les interpellations du pouvoir n’ont donné aucun résultat", explique l’avocate qui a soutenu la réclamation collective de la FIDH.

L’objectif était clair : obtenir la condamnation de l’Etat belge pour violation de la Charte sociale européenne. En cours de procédure, le gouvernement belge a déposé un volumineux dossier (112 pages) pour réfuter les arguments des associations, ou en atténuer les impacts. Sans succès.

Le Comité européen des droits sociaux a suivi les plaignants, et condamne la Belgique, de manière aussi sévère qu’explicite : "Aucune justification avancée par le gouvernement de la Belgique relative à sa carence de s’assurer un nombre de places (suffisant) dans des centres d’accueil et d’hébergement pour les personnes handicapées adultes de grande dépendance, de sorte que ces personnes ne soient pas exclues d’accès à ce mode de service social, n’est susceptible d’être retenue. (...) Cette carence est constitutive de violation de la Charte". Cette condamnation, qui date du 26 mars 2013, ne pouvait pas être rendue publique avant le 29 juillet 2013, en vertu des règlements internes du Conseil de l’Europe.

"Négation des besoins"

Le Comité insiste sur le fait que l’accès égal aux solutions d’accueil doit être effectif et pas théorique. Autrement dit : il incombe à l’État belge de prendre non seulement des initiatives juridiques mais aussi concrètes pour permettre à chacun de bénéficier des droits reconnus. Il balaie les justifications budgétaires (la crise…) ou la prolongation de la durée moyenne de vie des personnes handicapées mises en avant par la Belgique pour tenter de justifier ses carences "qui conduisent à une négation des besoins des personnes handicapées" et ne peuvent donc être prises en considération, insiste le Comité européen des droits sociaux. Pendant une durée jugée comme suffisamment longue, les autorités publiques n’ont pas marqué des avancées dans un aménagement de ressources budgétaires disponibles pourtant indispensables, juge-t-il encore.

La voie est ouverte aux actions en justice

Le Conseil de l’Europe ne reconnaissant que l’État belge et ne s’embarrassant pas des rouages institutionnels, les trois Régions - compétentes en matière de places pour les personnes handicapées - sont solidairement condamnées pour leur façon de gérer cette matière. Les places existantes dans les centres d’accueil de jour et d’hébergement de nuit sont inférieures à la demande, tant en Wallonie et en Région de Bruxelles-Capitale qu’en Flandre, relève le Comité européen.

Autre constat, accablant : les places disponibles ne profitent pas toujours aux plus dépendants, parce qu’il n’existe pas de système de priorité d’accès - sur la base de données objectives - et que des institutions refusent l’accueil en raison de la lourdeur du handicap - ce qui est contraire à la législation belge anti-discriminations.

Cette condamnation de l’Etat belge devrait donc conduire à une révision en profondeur de la politique et des moyens accordés au handicap de grande dépendance. Mais elle ouvre aussi la voie à des actions individuelles en justice de personnes handicapées et/ou de leurs familles, éventuellement accompagnées de demandes d’astreintes financières, par rapport à leurs difficultés d’accès aux solutions d’accueil qu’elles réclament. La "jurisprudence" du Comité européen, qui établit la faute de l’Etat belge, est d’application immédiate devant les juridictions nationales.

 

Première réponse: Une liste d'attente unique en Wallonie pour 2014 

La ministre wallonne de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances, Eliane Tillieux (PS), le reconnaît : l’insuffisance de solutions adaptées répondant aux besoins et attentes des personnes en situation de handicap est une réalité. "Les revendications des familles sont légitimes et doivent être entendues." Mais se limiter à créer des places est insuffisant, insiste-t-elle : "Il faut diversifier les réponses."

La Wallonie finance aujourd’hui, au travers de son Agence wallonne pour l’intégration des personnes handicapées (Awiph), près de 300 services spécialisés qui accueillent ou hébergent plus de 10 500 jeunes ou adultes en situation de handicap. Le budget total de l’Awiph représente environ 8 % du budget wallon.

Une enquête sur les besoins

Mais suite au rapport du Comité européen des droits sociaux, la ministre Tillieux a déposé, le 16 mai dernier, une note au gouvernement wallon relative à l’accueil et à l’hébergement des personnes handicapées de grande dépendance. Elle y dresse un état des lieux des mesures à prendre à l’échéance du nouveau contrat de gestion de l’Awiph conclu pour 5 ans (2012-2017).

Premier objectif : évaluer avec précision le nombre de personnes de grande dépendance en attente d’un accueil de jour ou d’une place résidentielle. Le Comité européen des droits sociaux épingle, en effet, l’absence de données statistiques fiables, qui empêche forcément une politique ciblée à l’égard des personnes handicapées lourdement dépendantes. Difficile, en effet, de faire coïncider l’offre à la demande si celle-ci est inconnue...

A la demande d’Eliane Tillieux, l’Awiph s’emploie donc à mettre en place une liste d’attente unique en collaboration avec les services agréés avec une double visée : faciliter les démarches des familles en vue d’une admission dans un service et avoir une vision plus précise du nombre de personnes en attente de prise en charge.

L’informatisation est en cours; elle devrait être finalisée pour la fin de l’année. La mise en place de l’outil au sein des services et bureaux régionaux est attendue courant 2014.

Une liste d’attente actualisée et informatisée permettra donc de connaître toutes les personnes qui ont effectué une démarche administrative auprès des bureaux régionaux de l’Awiph, y compris les personnes de grande dépendance.

Mais il faut des informations complémentaires sur les besoins et attentes de ces personnes en termes de service social attendu : urgence ou non, hébergement résidentiel ou centre de jour, etc. L’Awiph a été chargée de réaliser une enquête sur les besoins de prise en charge institutionnelle. Les résultats de celle-ci sont attendus pour la fin 2013.

Places supplémentaires

S’agissant de la création de places d’accueil et d’hébergement, l’objectif est d’atteindre un minimum de 500 places supplémentaires en 2017, à l’échéance du contrat de gestion actuel de l’Awiph, avance la ministre Tillieux. D’autres mesures comme la transformation de places résidentielles pour adultes en logements supervisés ou l’augmentation du nombre de bénéficiaires des services d’accueil de jour permettront aussi d’augmenter le nombre de prises en charge d’adultes porteurs d’un lourd handicap.

09:43 Écrit par F LEGRAND dans Dossier presse, Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

18
mars

Article dans "Femmes d'Aujourd'hui" paru le 15/03/2012


L'hebdomadaire Femmes d'aujourd'hui a rédigé un article à l'occasion de la journée internationale de la trisomie 21.  A notre grande surprise, JET 21 et plus précisément son site est mis à l'honneur.

Voici l'article:

LE 21 MARS c'est ...

Le printemps!  Mais aussi la Jounrée internationale de la trisomie.

L'occasion de regarder la belle campagne "Je suis trisomique, et alors ?" qui se déploie actuellement en France.  Mais aussi de découvrir Jet 21, l'association de jeunes parents d'enfants trisomiques.  Pas voyeuriste, pas misérabiliste, pas larmoyant, leur blog condense de beaux messages d'espoir et d'amour.  Plus d'infos:   www.trisomiqueetalors.comhttp://www.jet21.be

23:35 Écrit par F LEGRAND dans Dossier presse | Lien permanent | Commentaires (1)