07
févr.

A Rome, succès d'un restaurant qui emploie des trisomiques


 

"Girasole, orange, 18" : la pizza est à peine sortie du four à bois qui trône au milieu de la Locanda dei Girasoli, que Samuele, le pizzaïolo, donne les consignes à Alessandro, jeune serveur trisomique de 28 ans.

Le code est simple et désormais rodé, le service rapide et efficace: nom de la pizza à servir, couleur d'une des trois salles où le client l'attend, numéro de la table où il est assis.

"Mes serveurs font le travail et le font très bien. Quand l'un d'eux n'est pas là, je galère", reconnait Ugo Menghini, chef de salle depuis six ans dans ce restaurant un peu spécial caché au sud de Rome. "Si je devais ouvrir ma propre affaire, je n'hésiterais pas, j'engagerais des trisomiques".

Née en 2000 à l'initiative de parents d'enfants atteints du syndrome de Down, la coopérative I Girasoli ("les tournesols") travaille à l'insertion professionnelle des personnes trisomiques. Le restaurant la Locanda dei Girasoli en est la traduction concrète.

"Sur les 18 personnes qui travaillent à la Locanda, 13 sont trisomiques", détaille fièrement Enzo Rimicci, président de Consorzio Sintesi, société coopérative sociale spécialisée dans le travail pour personne handicapée et récent repreneur du restaurant.

Pas épargnée par la crise, la Locanda dei Girasoli a du se restructurer pour ré-ouvrir ses portes en novembre 2013 après plusieurs mois de travaux. "Tout est autofinancé, sans aide de l?État", insiste Enzo Rimicci, qui emploie par ailleurs des handicapés pour trois call centers de Wind, opérateur téléphonique italien.

"L?État pousse à l'assistanat, nous, on privilégie l'insertion professionnelle", martèle à l'AFP le président de la Locanda. Aujourd'hui, sur les treize "ragazzi Down", comme Enzo Rimicci aime les appeler affectueusement, neuf sont encore stagiaires. Le recrutement est rigoureux. La formation pointue.

Franchiser le concept

Après 600 heures de stage rémunéré, Simone, affable et adepte du bon mot, a obtenu à 24 ans un CDI. "J'adore être en salle, surveiller, me rendre disponible, être au contact des gens et surtout je prends du plaisir à être ici", raconte-t-il.

Le matin, quand le restaurant est fermé, une autre équipe fabrique cookies, gâteaux secs et autres douceurs. "En fonction de leurs aptitudes, tous nos employés réussissent à trouver leur place. Marco est timide et se bloque en salle, mais en cuisine, c'est une vraie machine", expose le président Rimicci.

Ce soir Anna, 22 ans, ne travaille pas. Elle est venue manger en famille avec ses parents. "Pour nous, pour elle, c'est une grande victoire. Notre fille a gagné en autonomie, quand elle rentre le soir du travail, on la retrouve satisfaite, orgueilleuse de ce qu'elle fait", se félicite, ému, son père Carlo, qui note qu'Anna "a aussi progressé dans son relationnel, son langage".

Un groupe d'amies franchit pour la première fois les portes de la Locanda dei Girasoli, guidées par Simone, menus sous le bras. "On a eu de très bons échos alors on a voulu venir", explique l'une d'elles. "Disons que c'est un restaurant normal, à ceci près que les serveurs sont sympathiques", s'amuse une autre.

"Quand tu arrives ici pour la première fois, tu as des a priori, mais très vite tu te rends compte qu'ils n'ont pas lieu d'être", dit entre deux bouchées de pâtes à l'amatriciana, Giuseppe, un instituteur de 64 ans, habitué de ce restaurant à la décoration sobre mais chaleureuse, où l'emblème du tournesol est présent des murs au menu en passant par les polos des serveurs.

"Vu de près, personne n'est normal" dit le proverbe romain qu'Enzo Rimicci se plaît à répéter. Et ce qui est vrai à Rome va aussi l'être en Sicile, avec l'ouverture d'une autre Locanda dei girasoli prévue à Palerme. Le président de la coopérative réfléchit même à "franchiser le concept".

 

Source: AFP-07/02/14

 

 

 

 

 

30
janv.

Trisomie 21 : une enquête qui bouscule les préjugés


 

Je vous invite à lire cette enquête réalisée par l'institut de sondage en France

 

Source: Site de la fondation Jérôme Lejeune (http://www.fondationlejeune.org/blog/10-evenement/665/tri...):

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Pour la première fois, des patients intimement touchés par la trisomie 21 ont été interrogés par un institut de sondage sur leur maladie et ce, en miroir du grand public, également sondé sur ce sujet 1 .

Du 25 mai au 1 er juin une enquête d'opinion sur la problématique de la trisomie 21 a été menée par téléphone auprès de 301 personnes par l'institut de sondage « Règle de trois ». Comble de l'audace, une enquête complémentaire permettant un regard croisé avec le grand public a été conduite auprès de 21 jeunes adultes trisomiques interrogés sur leur vie et sur le bonheur.

Les principaux enseignements de l'enquête grand public.

sportif t21La connaissance de la maladie par le grand public est indirecte : 18% des répondants déclarent avoir une proximité avec la trisomie 21 soit par la famille soit par des amis ou le milieu professionnel.

La trisomie 21 est principalement perçue comme un handicap, une maladie avec ses difficultés inhérentes (73%). Elle est considérée comme une maladie handicapante, mais que le patient peut assumer : 56% des enquêtés estiment qu’il s’agit d’« une maladie difficile à porter mais qui n’empêche pas de vivre sa vie ».

Autre résultat fort qui conforte cette idée, 85% des répondants estiment qu’une personne trisomique peut être heureuse. Et ils distinguent les principaux freins au bonheur de la personne trisomie 21 : le regard des autres, et la discrimination qu’il subit (école, lieu de travail).

En ce qui concerne la participation de l’Etat à la recherche de solutions thérapeutiques pour traiter la trisomie 21, la réponse des interviewés est sans appel. 97% (dont 76% très favorables) souhaitent que l’Etat s’implique dans la recherche et la finance.

97% des sondés souhaitent que l'Etat s'implique dans la recherche

Les réactions face à l’avortement de 96% des enfants trisomiques dépistés révèlent une fracture générationnelle de bon augure : si seulement 20% des 35 ans et plus se disent choqués par ces avortements, 38% des répondants de moins de 35 ans les dénoncent. Les jeunes générations semblent donc plus concernées par l’accueil des personnes handicapées que leurs aînés.

Aujourd’hui, la recherche sur la trisomie 21 est financée par des associations. L’Etat doit-il intervenir financièrement dans ces recherches ?

Etat intervient financierement

 


Le dépistage est très majoritairement identifié comme étant un facteur incitatif à l’avortement des enfants trisomique 21 (de 83 à 86% en fonction de l’âge du répondant). Autrement dit, si le dépistage n’était pas généralisé en France nous ne connaitrions probablement pas la situation eugénique actuelle.

Les raisons qui conduisent à l’élimination d’un enfant trisomique 21 apparaissent d’abord d’ordre politique ou social (pour 52% des répondants, le manque d’aide, d’information et d’accompagnement est mis en cause). Pour une minorité, elle correspond à un choix délibéré (22%). A la lecture de ces résultats, on peut aisément concevoir ce que produirait une politique d’information et d’accueil qui se substituerait à la politique eugénique en vigueur.

Les répondants dénoncent la discrimination dont sont victimes les personnes trisomiques. 76% estiment qu’il y a discrimination quand on conditionne le droit à la vie au nombre de chromosomes ou à l’épaisseur de la nuque. 77% la dénoncent quand l’Etat ne soutient pas la recherche d’un traitement pour la trisomie 21. 89% quand un jeune handicapé se voit interdire l’entrée dans une discothèque (situation réelle qui fit grand bruit dans la presse). Ces généreux déclaratifs contrastent avec les faits : comment la société française agit-elle pour enrayer la maladie et sa stigmatisation ? Dans la seconde partie de l’enquête, 21 jeunes adultes (moyenne d’âge de 24 ans) atteints de trisomie 21 sont interrogés.

discrimination trisomie

Dans la seconde partie de l’enquête, 21 jeunes adultes (moyenne d’âge de 24 ans) atteints de trisomie 21 sont interrogés.

SégolèneQuand on leur demande s’ils sont heureux, la réponse est unanime : tous répondent oui ! Perception du bonheur qui ne masque pas les difficultés : pour les jeunes adultes, la trisomie 21 est une maladie et un handicap, mais aussi une souffrance liée au regard des autres. « Il faut accepter les regards » dit l’un d’entre eux. Certains jeunes déclarent vivre leur maladie de manière positive « c’est très important : j’ai un chromosome en plus » ou encore, « être handicapé, ça ne me gêne pas », « la trisomie : c’est d’aimer les autres ».

Et qu’est ce que le bonheur pour ces jeunes ? Il est simple et étroitement corrélé à la vie quotidienne et à la relation humaine comme l’illustre le verbatim suivant : « être un homme », « être au travail », « en famille et avec les amis ». Comment être plus heureux ? « Être comme les autres », « réussir à avoir un travail », « avoir des nouveaux amis et accueillir les gens », etc.

T21 heureuse

Les jeunes adultes nous définissent un programme d’actions pressantes à mener : la quasi-totalité nous disent qu’il est urgent de les aimer tels qu’ils sont, nous demandent qu’on les aide à avoir accès à une vie « normale » (sans discrimination), et de changer notre regard sur les personnes trisomiques. Saurons-nous relever le défi que nous lancent ces jeunes ? Plus qu’un sondage d’opinion, cette enquête croisée sonde notre désir d’humanité et déplace notre regard de la chimère de nos peurs vers la réalisation d’un nouvel homme."

(1) L'ensemble des réponses à cette enquête est disponible sur le site www.lesamisdeleonore.com

 

08:46 Écrit par F LEGRAND dans C: LA TRISOMIE 21, divers | Lien permanent | Commentaires (0)

20
nov.

Journée nationale de la trisomie 21 en France: Eléonore Laloux exprime ses sentiments suite à des propos scandaleux



Dans le cadre de la journée nationale de la trisomie 21 chez nos voisins en France, Eléonore s'exprime et réagit à travers une vidéo sur des propos scandaleux tenus dans le cadre d'une émission.  Le 05 octobre 2012 dans l'émission "La tête au carré", il était évoqué le nouveau test susceptible de diagnostiquer la trisomie 21 en tout début de grossesse. 

Si je pense que ce nouveau test mérite un débat et que chaque personne ( en premier lieu les futurs parents concernés) a le droit d'avoir son opinion et sa vision sur ce sujet sensible, je m'insurge de tels propos surtout de la part d'un "professionnel"

"Pourquoi faut-il conserver les trisomiques qui sont quand même un poison dans une famille"...

 

N'hésitez pas à visionner, ci-dessous, la réaction d'Eléonore

"On est comme les autres et on vit comme les autres!"